Comment débuter ?

19 mai 2017

Pour commencer, pas de panique c’est tout à fait normal que les choses soient un peu (voire très) difficiles lorsque l’on débute, surtout quand les élèves n’ont jamais connu ce type de fonctionnement et que l’on veut aller trop vite.

Première étape, la mise en place de la classe.

Il faut aménager les espaces (voir ICI), sans forcément changer sa façon de fonctionner. Répartissez le matériel que vous possédez déjà et que les élèves ont l’habitude d’utiliser dans ces espaces. Laissez-leur temps de prendre leurs marques dans cette nouvelle configuration de classe, de repérer et identifier clairement chaque espace (matériel, lieu, but…).

Deuxième étape : apprentissage de l’autonomie.

Il est très important de garder à l’esprit que les élèves ne peuvent pas être autonomes juste parce qu’on le leur demande. Ils doivent apprendre à être autonomes car sans autonomie pas de fonctionnement possible.

Comment faire ?

La clé de la réussite c’est de le faire progressivement.

Cet apprentissage commence sur un temps limité dans la journée, l’idéal étant entre 45 minutes et 1 heure (en début d’après-midi par exemple, le reste du temps est toujours classique).

Durant ce laps de temps, ils font des activités qu’ils connaissent déjà et auto-correctives (on ne présente pas, même si c’est très frustrant, de nouveau matériel).

Ici, on n’est pas dans une acquisition de savoirs mais de savoir-faire :

  • mandalas, coloriages, découpage, collage, puzzle, dessins, constructions avec ou sans modèles, perles en maternelle
  • mandalas, coloriages magiques, puzzles, constructions avec ou sans modèles, mots croisés, jeux de logique pour l’élémentaire

Les consignes doivent être évidentes de manière implicite, les enfants ne doivent pas avoir à solliciter l’adulte pour réaliser les activités.

Ils doivent :

  • aller chercher l’activité,
  • la réaliser jusqu’au bout dans la mesure de leurs capacités,
  • la replacer correctement, c’est tout surtout pas plus.

Ils ne doivent pas :

  • prendre une activité ailleurs que dans un meuble (même si elle est terminée sur un bureau),
  • gêner un camarade qui travaille.

Vous êtes là pour surveiller tout le monde et veiller à ce que cela fonctionne dans le calme.

Pour les présentations individuelles, c’est également trop tôt, il faut vraiment que les enfants soient d’abord bien entrés dans le fonctionnement en autonomie et aient pris tous ces nouveaux repères et les bonnes habitudes de travail.

Faire cela aussi longtemps que nécessaire jusqu’à l’autonomie complète des enfants.

Vouloir aller trop vite sur cette première étape rendra la suite très difficile, voire impossible, car les enfants doivent être autonomes pour ne pas vous déranger lorsque les présentations individuelles débuteront. L’autonomie est un apprentissage long sur lequel il faudra que vous reveniez régulièrement tout au long de l’année.

Troisième étape : les présentations

L’étape suivante est de présenter 1 ou 2 nouveaux ateliers (par jour) où les enfants peuvent se débrouiller seuls pour l’utiliser une fois présenté et ce toujours sur un laps de temps bien défini. Les autres enfants durant ces moments-là sont en autonomie complète avec les activités qu’ils savent maintenant utiliser seuls.

Lors de ces premières présentations, il vaut mieux favoriser des activités vraiment auto-correctives afin d’être dérangé le moins possible lors de nouvelles présentations.

Pour pouvoir évoluer vers un fonctionnement sur l’ensemble de la journée et non plus sur un laps de temps limité, vous devez impérativement avoir présenté suffisamment d’ateliers qui tournent en autonomie. Toujours afin d’être dérangé le moins possible lors des présentations individuelles. N’hésitez pas à revenir en arrière et faire de nombreux rappels à l’ordre si les enfants transgressent les règles ou perdent de l’autonomie.

Parallèlement à cela et avant d’envisager ce fonctionnement sur l’ensemble de la journée, il faut travailler le contrôle inhibiteur aussi bien chez les maternelles qu’en élémentaire (nous vous proposerons un article sur les activités possibles très bientôt).

Il n’y a pas de règles bien définies pour augmenter le temps de pratique des ateliers autonomes sur la journée. Cependant, il est conseillé de se sentir bien dans une étape de fonctionnement avant de passer à la suivant.

On peut augmenter le temps d’ateliers autonomes progressivement ou rester comme ça sur toute une période. Cette progressivité est essentielle mais d’autant plus importante avec les enfants qui n’ont jamais connu ce mode de fonctionnement et pour qui autonomie serait synonyme de faire des bêtises.

Quelques conseils suites à diverses questions :

  • La limite entre autonomie des élèves et sentiment d’abandon par ces derniers est fine. L’enseignant doit donc éviter d’enchaîner les présentations individuelles. Il est préférable de faire un petit tour de classe entre deux présentations afin de s’assurer que tout se passe bien et surtout qu’aucun enfant ne se trouve en difficulté.
  • Il faut à tout moment être conscient de l’ambiance de sa classe, savoir renoncer sur des présentations prévues mais non faisables dans l’immédiat.
  • Ce mode de fonctionnement n’exclue pas les temps de regroupement, bien au contraire.
  • En élémentaire, pour pallier l’absence d’ATSEM, on peut mettre en place des plans de travail inspirés de la pédagogie Freinet. Nous réfléchissons en ce moment pour notre pratique personnelle sur les modalités de leur mise en oeuvre et sur leur mise en page. Nous en ferons un prochain article.

Nous espérons que ces quelques conseils pourront vous aider. Nous restons disponibles pour répondre à toutes vos questions.

 

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