La pédagogie institutionnelle

La pédagogie institutionnelle est le fruit des réflexions d’un enseignant, Fernand Oury, qui constate, alors qu’il se trouve dans une classe de 45 élèves en 1939, qu’il ne peut y avoir de classe homogène et que tous les élèves « ont un corps et des soucis personnels » et qu’il doit les considérer chacun dans leur individualité en leur proposant un cadre adapté pour qu’ils puissent s’y épanouir et se mettre au travail.

Il passe plusieurs années à développer ses recherches et travaille avec des psychiatres et psychanalystes parmi lesquels Félix Guattari, François Tosquelles, Jacques Lacan, Jean Oury, son frère. Il rejoint le mouvement Freinet et s’attelle à l’adapter au monde de la ville avec d’autres instituteurs pour qui cette transposition est nécessaire, le mouvement Freinet s’étant construit dans le milieu rural.

Sa pédagogie repose sur trois axes (la métaphore du trépied) :

  • Matérialisme: les pratiques pédagogiques s’appuient sur le matériel et s’organisent autour d’un ensemble d’activités de productions et d’échanges (l’imprimerie et les moyens de production d’écrits, la correspondance, les échanges, les enquêtes, le journal scolaire, le texte libre, les fichiers auto-correctifs, la bibliothèque de classe, etc.). Elles peuvent ainsi s’adapter aux besoins du groupe en permettant un accès varié au savoir et un autre type de relations que le traditionnel lien hiérarchique enseignant/élève.
  • Groupe: l’idée est de créer un réseau de relations riches et motivantes qui permette la coopération et redonne un sens aux apprentissages. Le groupe est institutionnalisé par les règles de la classe, les responsabilités que chaque élève prend à son niveau de capacité, les projets menés en équipe.
  • Inconscient: pour Fernand Oury, il est important de prendre en compte l’inconscient forcément présent dans la classe ainsi que la notion de désir. Non pas dans le sens de besoin qui peut être satisfait mais comme satisfaction impossible à atteindre. L’enfant apprend donc que tout n’est pas possible et peut accepter la loi. D’après Fernand Oury, « quand on a résolu la question du désir, la question des méthodes n’est pas très importante ». La prise en compte de l’inconscient transforme la pratique de classe en ce qu’elle permet d’être à l’écoute du comportement des enfants et au fonctionnement du groupe qui se sent en sécurité pour les amener vers la construction d’un lien social fort et un accès facilité aux apprentissages.

Fernand Oury va développer deux outils spécifiques pour sa pratique de classe.

Le Conseil en est le plus important. C’est un temps durant lequel les enfants vont pouvoir échanger sur la vie de la classe, le règlement des conflits, les projets et les décisions à prendre. Les lois, les règles sont importantes pour que l’enfant puisse se construire. Sans loi, l’enfant est perdu. Lorsqu’elles sont transgressées, on en parle lors du conseil. Le Conseil a un rôle structurant car il permet ainsi à chacun de construire sa personnalité à travers ses échanges riches tout en étant en sécurité dans le cadre qu’il propose, un cadre où chacun peut parler et doit être écouté.

Les ceintures de compétences (qu’il récupère de sa pratique du judo) lui permettent de lier les trois axes de son trépied. Elles vont prendre en compte l’hétérogénéité de la classe tout en permettant à chaque élève de se repérer dans leurs compétences acquises et leur progression possible. Les responsabilités de classe prennent également une autre dimension puisqu’elles ne dépendent pas de l’enseignant mais sont adaptées aux niveaux de compétences atteints.

Des sources intéressantes où vous trouverez les idées énoncées ci-dessus de manière beaucoup plus détaillée :

https://www.meirieu.com/PATRIMOINE/oury_pain.pdf

http://www.changement-egalite.be/spip.php?article896

http://pig.asso.free.fr/Fernand_Oury.htm

http://www.jacques-pain.fr/jacques-pain/les_MCC__Les_ceintures.html

 

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